Extrait de la note d’intention de Gaëlle Boucand:
Je suis cinéaste et en tant que lesbienne habitant dans les cévennes depuis plusieurs années, je souhaite faire un film autour de mes voisines lesbiennes et bergères. Ce film hybride à la frontière entre documentaire et fiction s’apparentera à un conte, une fable contemporaine ancrée dans le réel. Il donnera à voir en premier lieu la vie d’Émeline et Elsa — on y découvrira à la fois leur relation amoureuse, leur quotidien empreint d’activités de subsistance (potager autosuffisant, poulailler, affouage, auto-construction, troc, entraide) et leur pratique de bergères. Puis un glissement s’opérera vers une fiction extrapolée à partir du réel, qui proposera une alliance imaginaire entre Émeline, Elsa, les brebis et un groupe de personnes queer (joué par des amix habitant la région). J’imagine ainsi qu’en parallèle de la fabrication de leurs yaourts, Émeline et Elsa prélèvent une partie du lait des brebis, et qu’une mise en culture de certaines hormones présentes dans ce lait permette d’aider un laboratoire clandestin voisin installé dans un ancien moulin en bord de rivière à fabriquer artisanalement des hormones destinées à différents usages (lactation pour une mère lesbienne n’ayant pas porté, transition de genre, etc.) — une technologie de pointe issue du monde rural…
OBJECTIFS : Il me semble qu’il existe très peu d’archives des vies lesbiennes en ruralité. Mon envie première de faire un film avec Émeline et Elsa se nourrit de ce manque d’images auxquelles me relier : des images de lesbiennes en milieu rural, vivant dans des perspectives d’écologie radicales. L’hypothèse du film, c’est qu’il existe des liens intenses entre ces deux choses : en marge du l’hétéronormativité, en marge de la ville, s’invente parfois une autre façon de se relier à la science et à la technique.
Les objectifs de ce projet de film sont donc d’augmenter, alimenter et complexifier la visibilité des vies queer et lesbienne en ruralité.

